Ce site est une réalisation
du Centre interuniversitaire
d'études québécoises (CIEQ)

Fichiers documentaires

Index onomastique

Pépin
1 - 1 sur 1 résultats Imprimer
1 No d'identification : 12 735

Collection
Centre interuniversitaire d'études québécoises

Information documentaire
Compte rendu de la session de la Cour du Banc de la Reine qui s'est ouverte le 19 février 1883, présidée par le juge Plamondon. On nomme les Grands Jurés présents. Ils acceptent les actes d'accusation dans les causes suivantes: La Reine vs Bergeron et al. pour avoir ouvert illégalement une lettre de poste; La Reine vs Romain Chabot, Joseph Chabot, James Orr, Nap. Blanchet pour meurtre; La Reine vs la Corporation du comté d'Arthabaska pour mauvais entretien d'un chemin. Ils ne se sont pas accordés dans les causes suivantes: La Reine vs Joseph Gauthier pour assaut grave; La Reine vs la Corporation de Saint-Christophe pour mauvais entretien d'un chemin. On nomme les avocats des accusés dans le meurtre de Ayotte. Les deux accusés Chabot récusent le tableau des jurés parce qu'il n'aurait pas été préparé selon la loi. À la séance du 20 février, la Cour maintient le tableau du juré et renvoie les objections des avocats de Chabot et al. La Cour accorde à chacun un procès séparé et un juré mixte. Les accusés plaident non coupables et la cour s'ajourne. À la séance du 22 février, on relate le déroulement du procès de Romain Chabot. On nomme les petits jurés et on expose la preuve de la Couronne. On entend les témoignages de quelques médecins et coroners sur ce qu'ils ont examiné sur le corps et les vêtements du défunt. La cour est ajournée au 23.
- Le procès se continue, on relate les témoignages d'autres individus, entre autres les constables qui ont arrêté les accusés, ainsi que des connaissances ou voisins: Paul Tourigny, où la première chicane entre l'accusé et le défunt s'est passée, en face de son magasin à la fin de décembre; Uldorique Pépin, qui a assisté à toute la scène, décrit très minutieusement le déroulement de l'histoire. Séance ajournée au 24 et suite du témoignage de Pépin. On apprend des détails intéressants, entre autres sur le genre de vêtements portés (ex.: pièces de cuir rouge sur des pantalons, ce qui semble nouveau), sur les dimensions et le mobilier des pièces de la maison où a eu lieu le meurtre (ex.: pièce de 10 à 12 pieds carrés, avec châssis à l'avant et dans le pignon) et celle des accusés Chabot et fils. Les conversations sont rapportées très précisément (17, 12, p. 1-4).
- Verdict de culpabilité rendu contre Romain Chabot, jeudi p.m. le 1er mars. Le prisonnier n'a pu amener un seul témoin pour établir une respectabilité quelconque, et malgré l'adresse de son avocat Chalifour, le verdict du jury était sans équivoque. Un nouveau jury sera assigné pour les procès des complices, car les douze jours de service du premier jury sont écoulés. Une sentence de mort sera prononcée contre le père Chabot à la fin du terme (17, 12, p.2).
- Retranscription de la charge de l'hon. juge Plamondon au petit jury, en date du 1er mars 1883, dans le procès de Romain Chabot. Le juge met en évidence l'enchaînement des faits qui conduit inévitablement à la culpabilité de l'accusé. Le procès de Joseph Chabot (fils) s'est terminé le 8 courant, par un verdict d'homicide sans préméditation: il a été condamné à dix ans de pénitencier (17, 13, p. 1-3).
- Romain Chabot attend en prison le jour de son exécution. On raconte le désespoir du malheureux et le soutien du prêtre qui va le visiter chaque jour. Sa femme et son fils lui ont aussi rendu visite. Ce dernier aurait dit: «Ah! si vous aviez voulu déclarer qui avait donné le coup, je n'irais pas au pénitencier pour si longtemps». Une requête se signe pour demander à l'exécutif de commuer la sentence du meurtrier (17, 15, p. 2).
- Le journal a signé la requête demandant de commuer la peine en un emprisonnement à vie et explique son choix par la certitude que le coupable n'avait pas l'intention préméditée de tuer sa victime. Cela constitue des circonstances atténuantes, et c'est pourquoi on sollicite la clémence de l'autorité pour ce cas exceptionnel. Bon nombre de prêtres du district ont également signé la requête (17, 16, p. 2).
- On a surpris le prisonnier Chabot en train de tenter d'ouvrir la porte de sa cellule avec le crochet du double châssis: le geôlier lui a mis les fers aux pieds. Il s'impatiente de ne pas voir arriver la nouvelle de la commutation de sa peine (17, 20, p. 2).
- L'exécutif s'est décidé à commuer la peine de mort de Chabot en prison à vie. Un membre du journal était en compagnie du député shérif lorsqu'on lui apprit la nouvelle, pour laquelle il ne manifesta pas de grande joie sur l'instant. Un artiste photographe était également présent, attendant l'arrivée de quelques acides pour prendre sa photographie en vue de l'exécution prochaine. Le prisonnier Chabot affirma qu'il priera désormais le Bon Dieu de lui avoir fait grâce. Il partira aujourd'hui (12 mai 1883) pour Saint-Vincent de Paul. M. l'avocat Chalifour peut se féliciter d'avoir sauvé son client de la corde. Pour son travail, il ne recevra que la reconnaissance d'un pauvre exilé et la satisfaction d'avoir remporté une si grande cause (17, 22, p. 2).
- À quelqu'un qui a demandé au ministre de la Justice les raisons de la commutation de la sentence de Chabot, il lui a donné les raisons suivantes: l'absence de preuve à l'effet que c'est lui qui a porté le coup, le fait qu'il avait deux fois évité de rencontrer la victime pour empêcher une querelle, et le fait que des quatre individus impliqués, le fils trouvé coupable d'homicide a été condamné au pénitencier et les deux autres se sont enfuis de la province (17, 23, p. 2).

Référence
L'Union des Cantons de l'Est, vol. 17, no 16 (24 février 1883) : 2 (suite: 17, 20, p. 2; 17, 22, p. 2; 17, 23, p. 2).
1 - 1 sur 1 résultats